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Retour en Haïti
Une grosse pause ... et ma route recroise celle de la Perle Noire.
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Par Zitoune dans Retour en Haïti le 11 Décembre 2011 à 18:35
Samedi matin, on se décide à réserver une sortie de pèche au gros. Je n’ai jamais essayé ce loisir et un hôtel de la côte propose des sorties à la demi journée. En route donc.
On arrive tôt le matin. L’équipage du petit bateau est à la bourre : ils ne prennent pas du tout au sérieux notre sortie : pour eux on est des touristes qui viennent s’amuser et pas des vrais pécheurs. Ils ont tout à fait raison !
Le bateau est mis à l’eau, on déploie les cannes. En fait il s’agit simplement de faire traîner des appâts (artificiels ou des sardines) en surface. Lorsqu’on passe au dessus de gros poissons en chasse, ils vont attaquer. On attend pas longtemps pour avoir nos deux premières attaques : le premier casse le fil, le second se barre avec l’appât. Puis deux nouvelles attaques, cette fois réussies. On remonte des « Wahou » ou maquereaux royaux, d’environ 90 cm (plus ou moins 7 kilos, à vue de bras. C’est très différent de la pêche en rivière. Il faut bien s’agripper à la canne (le bateau avance encore, ce qui rend le poisson vraiment lourd…). Puis tu moulines (moulinet à droite, très perturbant) en faisant du mieux que tu peux pour tirer sur tes bras. On a du se relayer pour les premiers poissons, le temps de prendre le geste. Pas la peine de se soucier de la solidité de la canne ou du fil, c’est du 80. La seule subtilité est qu’il faut toujours garder le fil tendu sinon le poisson se décroche (ca nous est arrivé deux fois).

Au final, on a « raté » quatre poissons et péché six, dont un vraiment balaise : dans les 1,30 m pour vingt ou vingt cinq kilos.

Sur le bateau, je discutte avec le propriétaire (un haitien blanc qui a vécu bien des aventures en Haiti) en regardant défiler les villas luxueuses de cette côte. L'indescence de ces villas... espace, luxe, plage privées, elles ont leur marina perso, un garage à yatch et même un ascenceur à batau pour une d'elle, un héliport.
La richesse est une insulte aux simples citoyens partout dans le monde mais elle est ici encore plus difficile à regarder.
A propos d'Haitiens blancs, j'ai rencontré de la famille. J'avais déjà entendu parler de deux familles haitiennes ayant mon patronyme (avec un "x"). Une famille vit à Cap Haitien et l'autre à Port au Prince. Et bien j'ai rencontré une dame de cette famille. Ca nous faisait un effet assez étrange de se demander si on est cousins ou pas.

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Par Zitoune dans Retour en Haïti le 11 Décembre 2011 à 18:25
Un soir, à Pétion Ville. Je cherche une rue parmi les rues débordantes de voitures de l’heure de pointe. En face de moi dans la rue, un véhicule noir, vitres tintées, gyrophare à l’américaine plaques d’immatriculation de la police. Le véhicule est suivi d’un second 4x4 de policiers. Cinq bonhommes dedans, suréquipés. Ils sont des forces spéciales de la police nationale d’Haïti (l’équivalent du GIGN). Ils sont tout l’attirail des films d’action : treillis, pistolet, fusil mitrailleur dernière génération, gilet pare balle, casque de combat, équipé de l’espèce de bitonio qui y est accroché et qui doit sûrement servir de rétroviseur de combat (le genre de petite lunette ronde qui pendouille devant le casque des GI’s en goguette dans les films de guerre de Hollywood)
La voiture avance au pas, les cinq ont l’air de prendre leur mission au sérieux, les mains crispées sur leur arme d'assaut. La voiture s’arrête. Les cinq descendent, et se mettent en position autour d’une voiture (mal) garée devant un magasin. Un d’entre eux sort alors un tournevis et dévisse la plaque d’immatriculation.
En fait, les policiers, quelque soient leurs corps, ont pour mission de faire appliquer la loi, y compris pour les amandes de stationnement (ce qui peut paraître quelque peu irréel ici, où ce garer en triple file est considéré comme pas trop mal).
Il existe pas mal de sortes de corps de police. De la simple PNH, aux troupes plus spécialisées (dont une police scientifique !) et biensur tous les corps internationaux venus en appui: gendarmes francais ou sénégalais, UN Pol canadiens, polices militaires, observateurs UN, MINUSTAH brésiliens, jordaniens, sri lankais, yéménites (si, je vous jure !!!), kowétyens, pakistanais, japonais, uruguayens... Chercher à devnir la nationalité d'un militaire te fait réviser ta géographie.
Leurs mandats restent systématiquement nébuleux. Mais quand ils doivent faire le plantons aux portes de cité soleil, contrôler les papiers sous le soleil et dans la poussière, sans comprendre du tout comment fonctionne la zone, ils doivent tout de même passer des journées difficiles.
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Par Zitoune dans Retour en Haïti le 29 Novembre 2011 à 00:38
Certains sont poètes. D'autres bijoutiers, ciseleur, orfèvres, parfumeurs, someliers, luthiers, harpistes.
Et ben pas moi. Une part non négligeable de mon métier consiste ni plus ni moins qu'à gérer les excréments de gens ! Mais comme toute chose, quand on s'y intéresse, ca devient franchement captivant. J'y traine donc mes apprenants, qui y vont un peu à reculons.
Ici, c'est la première, toute neuve et unique station de traitement des eaux usées d'Haïti !

Poursuivons en bon chemin, par la visite avec tout mon groupe, d'un biodigesteur, que l'on appelle aussi méthaniseur (avec l'éthymologie et de l'imagination vous pouvez surement deviner ce que c'est)

Bon, mais je ne fais pas que visiter les installations de poupou (mot créole pour dire ... euh ... popo)
Je me ballade aussi en montagne !
Certaines villes des pays du Sud sont ainsi construites, comme Port au Prince, de bas en haut. En bas, on trouve la pollution, la densité, et la misère. On monte sur la montagne et on trouve les lieux plus frais, plus propres, plus riches. Jusqu'à aller au fortersses sur les hauteurs, et carément, à la suisse haitienne: le montcel. On trouve dans ces contrés, des artichauds, des framboises ou encore des myrtilles ! (si, je vous le confirme)

La Suisse, vous dis-je ! Les vaches, les pins, le brouillard, l'herbe verte. Et même un petit air frais qui frise les 24 ou 25 °C.

La transparence cristaline des lacs alpestres (ou presque)

Sans transition, un cadeau aux parents qui seraient à cours de bonnes réponses aux questions naives et exaspérantes de lucidité de leurs enfants. Voilà où poussent les avocats: sur un avocatier, non mais ! (ca peut paraitre facile mais je trouve la question aussi fourbe que "d'où il vient, le vent ?")


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Par Zitoune dans Retour en Haïti le 16 Novembre 2011 à 13:51
Je profite d'un Internet stable pour vous ajouter quelques photos des sorties avec les étudiants:
Captage d'eau potable à Petit Goave:

Un autre type de captage à Turgeau (Port au Prince)

Visite de la Brasserie Nationale d'Haiti (je vais me géner !)

L'ambassadeur de France et le DG de la DINEPA aux journées techniques:

Comme dirait l'autre: "moi, je veux devenir une star" (interview avec TV Guyane, la Télé National d'Haiti et d'autres...):

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Par Zitoune dans Retour en Haïti le 15 Novembre 2011 à 15:30
Le mois qui vient de s’écouler était plus que dense. Je n’ai pas mis à jour le blog et je m’en excuse. J’ai bossé, bossé et re-bossé. Mais j’y suis arrivé : la formation se déroule bien, les apprenants sont très dynamiques (un peu trop pour les intervenants même !)
Le gros de mon stress du moment était fondé sur le projet de journées techniques de l’eau. Il s’agissait de faire venir tous les professionnels du secteur, d’Haïti et de Navarre, les privés, les ONGs, les bailleurs de fond, les ministères, etc. L’objectif était de faire de grosses tables rondes techniques où l’on aborde les innovations, les expériences réussies ou ratées, les orientations stratégico-politiques, etc. Voilà qui est utile, certes, mais particulièrement difficile à organiser surtout quand on a deux projets déjà lourds sur les bras. Donc moment de stress vraiment intense, à l'image des difficultés de bosser ici en tant qu’européen : quatre jours avant l’événement (de niveau international, tout de même) rien de prêt – mais alors vraiment rien du tout. A ce moment, toi, homme blanc, tu n’es plus que cheveux blancs et transpiration, alors que les haïtiens restent tout à fait tranquilles, ce qui, loin de te rassurer, t’enfonce plus loin encore dans le désespoir.
Le jour venu, tout se déroule pourtant simplement, sans anicroche, sans même de réel loupé de logistique. Des délégations d’élus, de chefs de service des eaux, des fournisseurs étaient venus de Guyane et de Guadeloupe pour l’occasion, et, personne ne s’est retrouvé coincé par un hôtel/chauffeur/voiture/internet qui ne marche pas. L’ambassadeur de France, le Directeur Général de la DINEPA, le Directeur de AgroParisTech étaient là. Les TV, radios, journaux aussi :
ttp://lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=99150
http://hpnhaiti.com/site/index.php?option=com_content&view=article&id=4754:haiti-dinepa-autour-du-probleme-de-leau-et-de-lassainissement&catid=8:societe&Itemid=14
Cet évènement n'était pas qu'un pince-fesse. Ce vraies discussions ont eu lieu. Mes étudiants se sont d'ailleurs pas mal lâchés, ce qui m'a bien plu !
Aujourd'hui, je reviens à la formation par elle même...et nous parlons d'eaux pluviales.
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